![]() Marï-Am Sao, tisseuse de liens Les fous de Nantes métropole. Aujourd'hui, rencontre avec Marï-Am Sao, une des figures choisies par l'agglo pour sa nouvelle campagne de communication. Une réponse en français, l'autre en peul. Sur le site des fous de Nantes métropole, les deux langues de Marï-Am Sao se font écho. La jeune femme affirme sa double identité. Un côté français, un côté sénégalais, un versant sable, un versant neige. Marï-Am Sao cultive et crée du métissage pour en faire une chance. Tout dans son existence est bouillonnement, mélange, ouverture et dialogue entre les cultures. En premier lieu, ses engagements professionnels et associatifs. À 34 ans, la créatrice de l'association Takapres oeuvre dans les quartiers pour développer des projets citoyens, solidaires et artistiques entre la France et le Sénégal. Sans frontières La coprésidente des Ecossolies concrétise son rêve d'économie sociale et solidaire en regroupant des grandes, petites et moyennes structures. Elle y travaille bénévolement depuis cinq pour « faire du beau avec rien » et développer un système financier « où l'humain reste au coeur ». Côté coeur justement, elle partage sa vie avec un Breton et leur garçon métis de 2 ans Petite Peule, issue d'une famille noble du Nord du Sénégal, elle quitte la terre aride pour la banlieue parisienne à cinq ans. « Je suis arrivée sous la neige, un beau jour de février. Bien plus tard, j'ai débarqué ici. » Folle de Nantes, elle ne l'est pas devenue par hasard. L'histoire commune de la cité ligérienne avec le Sénégal, celle de l'esclavage, l'a attiré. Elle y a trouvé sa place. La couleur politique de la municipalité n'est pas étrangère à son attachement à la ville. Dans son appartement du Breil, la rose du PS et le visage de Ségolène Royal sont affichés dans le salon et la cuisine. « La présence de la gauche est rassurante pour un immigré ». Et puis, elle se réjouit de devenir, enfin, en septembre, une « militante professionnelle », d'être payée à plein-temps comme responsable de Takapres grâce à un emploi aidé de la municipalité. « Nantes innove toujours. C'est un territoire en permanence en construction, un territoire culotté où l'on peut tout entreprendre. » Marï-Am Sao pense en termes géographiques. Un monde sans frontières dans lequel elle se doit de « participer non pas au développement mais au co-développement ». Il ne s'agit pas de faire « pour » les gens et de les assister, mais de créer « avec » eux. « Je hais le mot aider ! »
La femme de lettres a toujours baigné dans la tradition littéraire, mythologique et philosophique africaine. « Je marque mes pas dans ceux de Nelson Mandela, d'Amadou
Hampâté Bâ, de Thomas Sankara ou d'Aminata Traoré. » Aujourd'hui, elle rêve de deux projets ambitieux pour sa cité : une maison de l'Afrique, baptisée Nelson Mandela, conçue avec les
Africains de la région ; et un centre de ressources pour faire de Nantes la capitale de l'économie sociale et solidaire.
Sophie RIBSTEIN. |
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